L'EXPANSION DE LA MAFIA ITALIENNE DANS TOUTE L'EUROPE

L'EXPANSION DE LA MAFIA DANS TOUTE L'EUROPE

Lors d'une entrevue entre Osservatorio sui Balcani et Roberto Saviano, publiée dans l'Osservatorio Balcani, le 1er octobre 2008, Saviano nous apprend que la chute du mur de Berlin est l'élément déclencheur de l'expansion vers l'est de la mafia italienne. En effet, après cet événement il y eut création d'un nouveau marché, très rapidement exploité par les mafias italiennes. Aujourd'hui, la mafia italienne est en partie située vers l'Est car plusieurs chefs fugitifs italiens ont été arrêtés dans les pays de l'Est, notamment Francesco Schiavone (capturé en Pologne), nous dit Roberto Saviano.

Les italiens et les slaves seraient en liaison depuis plus d'une vingtaine d'années, mais ils ont certains points de vue différents ; notamment en ce qui concerne les liens familiaux : les italiens, très respectueux de leur famille sont mentalement plus proches de la mafia albanaise qui entretient également des liens familiaux très forts, à l'inverse de a mafia russe, par exemple. En 1990, la mafia italienne aurait à nouveau profité d'un marché nouveau : celui qui nait du démantèlement des pays signataires du pacte de Varsovie, auquel elle a contri-bué. Quant à la question de l'entrée des mafias de l'est en Italie, Roberto Saviano nous affirme qu'elle est contrôlée par la mafia italienne. En effet, sans son autorisation, les mafias de l'Est risquaient de subir la violente supériorité italienne, à travers la mort (c'est ce qui s'est produit dans les années 1990, à travers des menaces italiennes). Les mafias italiennes qui autorisent aux mafias de l'est le contrôle de certains territoires leurs confient principalement le travail du blanchiment d'argent et de la prostitution.


Osservatorio sui Balcani aborde ensuite le sujet de l'entrée dans l'Union européenne de certains pays de l'Est. A cette question, Roberto Saviano répond que cette expansion du territoire européen a favorisé les associations mafieuses qui, selon la loi, ne peuvent être punies en elles-mêmes. De ce fait, les mafias italiennes ont obtenu plus de puissance et la Camorra, par exemple, a désormais un revenu pour son trafic de cocaïne 60 fois supérieur a celui de Fiat et 100 fois supérieur a celui de Benetton.

LES DIFFÉRENTES MAFIAS

  • Mafia de l'Est
  1. La pieuvre « Russe »

 

Le marché noir russe est l'un des plus grands au monde. En Russie, pratiquement tous les hommes qui ont de l'influence (dans la politique, les grands patrons d'entreprise qui font marcher l'économie nationale ...) utilisent ou au moins ont conscience des actions mafieuses russes. Les grands hommes d'affaires sont souvent sollicités par l'Etat qui les incite à vendre dans le pays des produits qui viennent de l'extérieur et qui manquent à la Russie, sans payer de droits de douane. L'Etat est donc très investi dans la corruption russe considérant que tant que la mafia et les affaires illégales apportent un bénéfice économique à la Russie, il ne doit pas intervenir. Cette attitude de sa part a favorisé l'apparition de pra-tiques illicites en Russie depuis la chute du communisme en 1991.Face aux failles impor-tantes du système bancaire russe entre 1992 et 1994, la mafia russe plaça son argent dans des « holdings »tout a fait légaux. Mais elle s'aperçut qu'elle pouvait contrôler les princi-paux groupes bancaires privés du pays, en particulier car prendre le contrôle d'entreprises nouvellement privatisées y était très simple. L'Etat gagne à nouveau de l'argent avec les entreprises russes : les actionnaires doivent donner 80 % de leurs profits à l'administration. De ce fait, bien souvent les chefs d'entreprises ne déclarent que 20% de leur production. Alors commence l'association entre la mafia et l'Etat : la mafia envoie des hommes pour aller vérifier ces chiffres dans l'entreprise concernée. Ils font alors du chantage au patron pour que celui-ci leur verse la moitié de ses gains quotidiens, sous peine d'être dénoncé. C'est une forme claire de racket.
Parmi les actions de la mafia russe, le blanchiment d'argent est l'une des plus rependues. Elle génère des milliards de dollars blanchis par les banques qu'elle possède(. On estime que 60% des banques russes sont contrôlées par la mafia.) En 1996, le ministre de l'Intérieur russe annonça que les sommes possédées par la mafia nationale montaient jusqu'à 70 milliards de roubles (monnaie russe) soit plus de 2,4 milliards de dollars. Pour ce, la mafia agit de différentes manières. Tout d'abord, plusieurs banques affirment avoir été créées pour recevoir des aides pour les régions en difficultés jusqu'à ce que ces fonds ne disparaissent. L'ampleur de la corruption est telle que de nombreux salariés de banques sont eux-mêmes liés à la mafia, ce qui facilite les fraudes informatiques.

La mafia russe pratique aussi le commerce illégal (prostitution, drogues, armes et pétrole). Depuis toujours elle gère le commerce de prostitution, de drogue et d'armes. Depuis peu, elle se concentre également sur l'exportation de pétrole et de minerais précieux, sur le négoce, le transport, les finances et l'immobilier. Les exportations illégales annuelles de pétrole représenteraient pour les groupes mafieux russes qui les contrôlent un chiffre d'af-faires de 15 milliards de dollars. Les mafias russes ont un commerce certain dans le monde des stupéfiants. Le nombre de narco-laboratoires en Russie s'est accru, ces dernières années, d'une façon considérable. Le trafic d'armes a contribué aussi largement à enrichir la mafia Russe. Suite à la chute du communisme, l'État n'a pas été capable de contrôler et surveiller les stocks de l'Armée rouge. Beaucoup d'armes ont été retrouvées sur le marché noir. La vente d'armes ne s'est pas limitée au pays mais également au niveau international. D'autre part, la prostitution et le trafic de femmes sont des activités importantes de la mafia russe. En promettant à de jeunes femmes plutôt pauvres qu'on les engage pour faire un métier de service, les mafieux recrutent des femmes russes pour les forcer à se prostituer.
D'autre part, les mafias de Russie pratiquent une activité propre à toutes les mafias : la protection forcée. Le racket représente environ 10% du PNB russe. Comme dans tous les pays, la Russie possède un service de protection publique : la police, l'armée. Une protection supplémentaire privée et payante n'est donc pas nécessaire. Les premiers groupes de racketteurs ont été surtout utilisés pour offrir une protection physique contre d'autres orga-nisations criminelles et pour recouvrir les dettes. Les racketteurs soutirent des sommes im-portantes aux entreprises en leur offrant une protection, le « krysha » (ce qui veut dire en russe "toit" et qui désigne en fait la protection forcée), contre d'autres organisations crimi-nelles. En clair, la mafia envoie des hommes dans les commerces (petits commerces de quartier ou grandes entreprises nationales) en leur proposant leur protection contre une cer-taine somme d'argent quotidienne. Ces hommes pressionnent les commerçants, les mena-çant de dommages physiques ou matériels (dégradation du matériel du commerce), jusqu'à ce que le commerçant accepte la proposition.

D'après une étude de 1996 - 1997, 11% des entrepreneurs auraient reconnu avoir usé de la force pour résoudre leurs problèmes. Parmi ces derniers, 42 % étaient déjà expérimentés dans l'usage de ces méthodes et 53% admettaient verser régulièrement des sommes aux services de protection. Plus d'un tiers d'entre eux avouaient que le niveau de ces paiements était important.

Depuis le milieu des années 90, la mafia Russe étend son marché sur le continent améri-cain, le plus souvent en faisant du trafic de drogue et du trafic d'armes. Son arrivée a pro-voqué des conflits violents avec les organisations criminelles déjà en place telles que la mafia italienne ou bien encore les Yakuza mais elle a su rapidement s'imposer et créer des alliances avec ses homologues criminels (notamment avec la Colombie pour le trafic d'héroïne). Les Nations Unies estiment à plus de 7 milliards de dollars le trafic de drogue russe sur le territoire nord-américain.
La mafia russe possède une série de rituels principalement évoques par leurs tatouages. Le film Les promesses de l'ombre montre la mafia russe au Royaume -Uni. Chaque tatouage des mafieux a une signification précise et nous en retrouvons la ma-jorité sur le personnage principal de ce film.

2.  La mafia Albanaise

Les mafieux Albanais sont connus pour leur« code d'honneur », le Canon qui date du XVème siècle écrit par Leke Dukagjini. En plus du mariage, de la famille et de la propriété, il y est question d'honneur : « il est impossible de revenir sur une parole donnée. Les clans du crime albanais sont organisés selon les anciennes règles de la vie rurale. Le chef de chaque clan reçoit l'allégeance d'un groupe de vassaux qui ont souvent des liens de sang avec lui. Ils se réunissent en comité, nommé « Bajrak », où l'on discute de nouvelles entre-prises. Par exemple, la somme nécessaire à l'ouverture d'une maison close à Soho sera fournie par les membres du comité et une partie des profits sera expédiée aux proches restés au pays (le sens du respect de la famille est tout aussi important que le sens de l'Honneur pour les mafieux albanais). Les mafieux albanais sont également réputés pour leur extrême violence, leur rancune inébranlable et, tout comme l'omerta sicilienne, pour leur loi du si-lence.

Les albanais contrôlent une grande partie des commerces tels que la prostitution, le trafic d'armes ou de stupéfiants en Europe, principalement.
Notamment, les Albanais dirigent le marché de la prostitution en Grande-Bretagne (la police britannique estime que la mafia albanaise contrôle les ¾ de la prostitution à Soho. Depuis les années 90, l'arrivée de prostituées de la République tchèque, de Bulgarie ou d'Albanie n'a cessé d'augmenter. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, 300 000 femmes venues de l'Est se prostituent en Europe occidentale. En France, où il y aurait entre 15 000 et 18 000 prostituées, les femmes venues des pays de l'Est en représentent environ un quart. A Bruxelles, la moitié des prostituées seraient de nationalité albanaise. A Milan, il existerait un véritable « marché aux femmes ». Une fois en activité en Europe de l'Ouest, les prostituées sont soumises à une forte pression de la part de leurs proxénètes. Originaires surtout de Moldavie, d'Ukraine, de Roumanie et de Bulgarie, les femmes sont vendues aux enchères entre 1 000 et 2 500 dollars (de 1 084 à 2 709 euros).

Quant au trafic de stupéfiants, l'Albanie se situe à un carrefour stratégique car c'est l'une des plus importantes voies du trafic de drogue. En l'année 2000, les spécialistes Italiens de la lutte antimafia traquaient les liens financiers entre les trafiquants de drogue proches d'Al Qu'Aïda et les caïds siciliens ; ils affirmaient qu'une fois la cargaison d'héroïne arrivée en Italie « c'est la mafia albanaise alliée avec la Cosa Nostra sicilienne qui se chargeait d'alimenter les marchés européens Les clans Albano-kosovars ont acquis une place très importante dans le marché de la drogue dure, partageant les premières places avec les Cartels mexicains et colombiens .Les Albanais du Kosovo détiennent la plus grande part du marché de d'héroïne en Suisse, en Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en Tchéquie, en Norvège, en Suède, en Pologne et en Belgique , selon Interpole, et ils représenteraient à eux seul près de 15 % des arrestations d'Interpol pour le trafic de drogue. La Suisse, qui accueille environ 200 000 réfugiés albanais (deuxième communauté immigrée du pays), est l'un des principaux carrefours du trafic de drogues et d'armes vers l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie et la République.

3.  La mafia Serbe

Les criminels de la mafia serbe sont surtout actifs dans l'Union européenne (UE) et parfois aux États-Unis. La mafia serbe est impliquée dans les diverses activités propres à la mafia, mais également, et c'est sa spécialité, dans les tueurs a gages.

La mafia en Serbie est composée de trois grands groupes qui ont à leur tour un vaste réseau de groupes plus petits. Ces groupes sont les clans Voždovac, Surcin et Zemun. En janvier 2009, le ministre de l'Intérieur serbe, Ivica Dacic estimait entre 30 à 40 le nombre de groupes conséquents de crime organisé en Serbie1. Ces chiffres ne comprennent pas les groupes criminels mineurs mais les groupes criminels organisés impliqués dans le trafic d'armes et de drogue, la traite des êtres humains, des meurtres et de grands vols. Cette mafia opère principalement à Belgrade, en Macédoine, au Danemark, en Suède, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, en Norvège, aux Etats-Unis et en France.

 

  • Les mafias dans l'Europe des 27
  1. La mafia Française

La mafia française est principalement concentrée sur la mafia corse, qui s'étend à Mar-seille, en région PACA, aux Antilles et en Amérique du Sud.
L'île se partage en deux parties de crime organisé : dans le nord de l'île, nous trouvons le Gang de la Brise de mer, et dans le sud les proches de Jean-Jérôme Colonna (mort en 2006)
Depuis 2008, suite à l'augmentation des règlements de compte on peut croire à une redistri-bution des cartes du banditisme insulaire.

2.  La mafia Grecque

La mafia grecque se concentre principalement aux États-Unis. En effet, il existe aux Etats Unis une importante communauté grecque qui constitue une base favorable à l'expan-sion de groupes criminels.
Les principales villes américaines qui concentrent des mafias grecques sont : New York, Philadelphie, Miami et Baltimore.
Nous différencions alors deux familles aux activités criminelles :
La famille Velentzas contrôle la criminalité grecque de New York. Elle compte une cin-quantaine de membres (ces derniers doivent être de sang grec) et est dirigé par Spyridon "Spiro" Velentzas qui est le parrain de la mafia grecque aux Etats Unis. Son bras droit est Angelo "The Boxer" Defendis et ses disciples John Karagiannis, Greg Kommatas, Nicky Michalopoulos, Kostas Panzialis, Lefty Katsigiannis et Peter Pantazis. Ses principales acti-vités sont la prostitution, le racket, le gambling (jeu clandestin) et de bookmaking (pari clandestin) dans le quartier d'Astoria.
Cette mafia possède de nombreux points communs avec la célèbre mafia italienne (hiérar-chie, l'esprit familial, la puissance des liens de sang, une méfiance à l'égard des autorités centrales, ils s'organisent en communauté fermée).
Il y a également la famille Prokos, basée à Miami, dirigée par John "The greek" Prokos qui était un véritable patron de la nuit à Miami. A son apogée, la famille Prokos comptait près de 45 membres et participait activement au narcotrafic. Elle est liée a à la mafia russe et aux familles siciliennes.

3.  La mafia Irlandaise

La Mafia Irlandaise est reconnu par sa violence et pour son courage. Elle s'étend jusqu'à Boston, Montréal et New York.
Les mafieux irlandais sont presque tous d'origine de l'IRA, le groupe terrorisme Irlandais.
Au canada, un groupe s'impose parmi les autres, la West End Gang. Il est contrôlé par Gerry Mattrciks et il s'oppose à Montréal et à Toronto. Ce groupe fait le syndicat du crime au canada avec la mafia Italienne, les Hells Angels et la West End Gang.

4.  La mafia Lituanienne

La mafia lituanienne est reconnue pour sa fabrication de drogues synthétiques (amphé-tamines et méthamphétamines).
En effet, on estime que 70% de l'héroïne qui circule en Lituanie, est de très bonne qualité et fortement concentrée. Cette héroïne sert également de '' monnaie'', à travers des échanges contre des voitures de luxe. Cette mafia est impliquée également dans le trafic de cocaïne en provenance d'Amérique latine.
Outre le trafic de drogue, la mafia lituanienne fait également dans la prostitution, depuis la fin des années 90. Dans ce domaine, elle est un grand fournisseur de femmes vers les pays d'Europe (Danemark, Norvège, Pologne).

5. La mafia Polonaise

La mafia polonaise est connue pour ça discrétion: elle est assez renfermée sur elle-même. Elle est présente dans plusieurs pays d'Europe comme la Suisse, la France, l'Amérique, l'Australie ou même la Russie. Elle opère avec d'autres mafias, telle la mafia lituanienne, ukrainienne, russe et yougoslave.

 

  • Les mafias Asiatiques
  1. Mafia Chinoise 

Les triades d'aujourd'hui étaient héritières lointaine des sociétés secrètes de la fin du 17e siècle, elles forment aujourd'hui une mafia puissante qui n'a aucun rapport avec la Triade originelle. Cette triade originelle était une société née en opposition à la dynastie « mand-choue des Quing » à la fin du 17e siècle. Les fondateurs étaient des moines du monastère Shaolin (le kung-fu y était enseigné). Cette société était pour la restauration de l'ancienne dynastie des «Ming » et elle a soutenu pendant des siècles les soulèvements contre les im-posteurs « Mandchou ». Cette triade avait un langage codé et des signes de reconnais-sances, de plus ils pratiquaient des arts martiaux tenus secrets. Puis aux 18 e siècles ces triades sont devenus à la fois des syndicats, des sociétés d'entraide, organisations poli-tiques, groupes économique... Très vite ces sociétés auront un poids important dans la politique : le premier président de la République de Chine « Sun Yat-sen », était lui-même un « 426 », soit un responsable de la sécurité et de la discipline, de la triade des Trois-Harmonies... Les triades participèrent à une révolte en 1911 qui déboucha sur la défaite des Qing et la proclamation de la République. Mais, au milieu du XIXe siècle, certains de ses membres rompent avec l'idéal des origines et pratiquent une violence gratuite au service de leurs seuls intérêts. A partir de ce moment là ces sociétés sont devenues des gangs de voleurs et d'assassins. Les triades chinoises furent obligées de fuir la Chine en 1949, traités par les communistes de hors la loi, elles s'installèrent à Hong Kong, Macao ou Taiwan. Donc elles concentraient toutes leurs activités autour du crime organisé. Les triades sont au cœur du trafic de drogue en provenance du Triangle d'or qui est le Laos, la Thaïlande et la Birmanie. Après avoir été pendant des années le premier producteur d'opium, cette région d'Asie du Sud-est est aujourd'hui un acteur mineur dans le commerce mondial de l'héroïne. En 1997, lorsque Hong Kong se rattache à la chine les dirigeants mafieux sont inquiets. En 1995 le ministre de la sécurité chinoise affirme que les triades assurent la prospérité à Hong Kong. Le gouvernement chinois est heureux de s'unir avec eux. De ce fait le rattachement de Hong Kong et de Macao ainsi que l'ouverture économique de la Chine va permettre au Triades de se réinstaller : 14K, le gang des Bambous et le gang des Quatre Mers.

 

 Organisation

Les groupes mafieux se divisent en trois niveaux. En premier, il y a le chef: « tète de dragon », c'est lui qui oriente son groupe, et peu de personnes le connaissent. En second, il y a plusieurs responsables :
• L'« Éventail de papier blanc » s'occupe des finances.
• Le « Bâton rouge », spécialiste en arts martiaux, se charge du respect de la loi interne.
• La « Sandale de paille » est déléguée aux affaires extérieures du groupe.
• Le « Maître des encens » a la tâche de recruter les membres.
Enfin il y a les membres appelés « soldats », c'est le bras armé de l'organisation. Et ce sont les plus nombreux.
Pour rentrer dans ces triades il faut suivre un rituel : Ils décapitent un coq et mélangent son sang avec un breuvage alcoolisé. Le futur membre doit jurer fidélité à la mafia, puis il s'entaille un doigt pour verser quelques gouttes de son sang dans le breuvage préparé, en-suite tous les membres présents doivent tremper leurs lèvres dans la coupe afin de sceller sa promesse.
Les triades son indépendantes, il existe à peu près une dizaine de grande triades chinoises :
• la Sun Yee On, originaire de Hong Kong et de Canton, née en 1919 est la plus importante des triades avec 50 000 membres répartis aux États-Unis, en Australie, à Macao, en Thaïlande, au Viêt Nam, au Canada et en République Dominicaine, en France, au Benelux, en Allemagne, en Espagne, en Tchéquie et en Russie.
• la Fédération Wo, née en 1908 à Hong Kong, elle contient 28 000 membres répartis au Canada, en Chine populaire et aux États-Unis.
• la 14K, originaire de Hong Kong et de Canton, née en 1947 soutient le Guomindang, 10 000 membres répartis en Chine populaire, à Macao, en Australie, au Canada, aux États-Unis, dans plusieurs pays de l'Union européenne1, en Russie, à Taiwan, aux Philippines et au Japon
• la Bande des Quatre Mers, né à Taiwan elle possède 2000 à 5000 membres, c'est la se-conde triade de l'île. Peu présente à l'étranger sauf au sud de la Californie autour d'activités d'immigrations clandestines.

 Les triades chinoises à l'étranger

Les vagues d'immigration chinoise ont favorisé l'implantation des triades dans les « China-town » américains et aussi européens. Par rapport aux autres crimes organisés les triades chinoises savent se faire discrètes. Comme par exemple dans le 13e arrondissent, à Paris qui concentre l'une des plus importantes communautés asiatiques du monde en dehors de l'Asie, ou le réseau de prostitution utilise internet, ou colle des affiches tout en chinois pour faire des annonces. De ce fait, la sécurité locale ne peut comprendre ce qui est écrit en chinois. Ce système est identique depuis des décennies.

2.  Mafia Japonaise

Les Yakuza se veulent descendants des samouraïs et de bandits de grand chemin. Après la défaite du Japon lors de la seconde guerre mondiale, le Japon est occupé par les Américains. Donc des trafics s'organisent avec les soldats qui occupent le Japon. Les Yakuza s'occupent de la prostitution qui est devenue illégale. De plus ils profitent du chaos pour occuper des terrains illégaux. Les mafias s'installent alors et prennent le contrôle du marché noir: on les appelle les Daisangokujin. Ils étendent rapidement leurs territoires; la police avait été affaiblie suite à une purge effectuée par les forces d'occupation. Cette situation d'après guerre fut un tremplin décisif pour les yakuza. Elle a aussi profité à l'avènement du marché noir. Comme le Japon fut ravagé par la guerre, il fut privé de tout, les Yakuza auront donc un double pouvoir : d'une part ils bénéficient dans l'ombre de l'appui des hommes politiques et de la police et d'autre part ils sont nécessaires à la population car le marche noir est le seul moyen de survie pour la majorité des Japonais à cette époque (l'après guerre). L'organisation criminelle japonaise devient donc un des piliers du Japon, avec l'accord des forces d'occupation, qui voyaient en elle une « force régulatrice».

Après cette guerre, apparut une nouvelle criminalité qui est en parallèle de la pègre tradi-tionnelle (d'avant guerre) et qui garde une partie de ses traditions : Le groupe Grenetai, qui est constitué de membres jeunes et plus violents mais moins organisé, leurs spécialités étaient la prostitution, la pornographie et le trafic d'amphétamine. Mais ce groupe fut pro-gressivement absorbé par des gangs plus importants pour à la fin former de grandes familles : les Yamaguchi-gumi, les Inagawa-kai.
Entre 1958 et 1963, les yakuza accroissent leurs effectifs de 150 % pour atteindre à leur apogée, un total d'environ 184 000 yakuza, répartis dans 126 gangs, à cette époque ils étaient plus nombreux que l'armée japonaise. Des clans se forment donc des guerres éclatent pour le partage du territoire. Kodama réussira à conclure la paix entre les gangs, c'est comme le Al Capone, il voulait créer une alliance entre les gangs et en même temps faire le lien avec le milieu politique japonais, de ce fait faire grandir la pègre.

Cette situation durera jusqu'en 1990, en 1992 le gouvernement japonais vote une loi antigang et en 1993 une loi anti blanchissement ayant pour but de faire disparaitre les syn-dicats criminels. Le nombre de Yakuza a diminué ces dernières 40 années, ils sont au-jourd'hui à peu près 84700. Mais ce n'est pas négatif car cette concentration des gangs a crée une pénétration plus efficace pour les Yakuza dans le monde économique, politique et dans les entreprises.


 Fonctionnement des clans

Les Yakuza ont une structure semblable à celle de la mafia sicilienne, organisée en familles.


Chaque « famille » possède un patriarche, l'Oyabun, un chef, un parrain il est aussi appelé Kumich (chef de clan), ce titre de chef se transmet de père en fils ou bien a une personne en qui l'Oyabun a complètement confiance. Toute personne entrant chez les Yakuzas doit ac-cepter ce rapport Oyabun/Kobun en promettant fidélité et obéissance à son patron. Toute la structure se fonde sur cette relation. L'Oyabun a un rôle de père. Il fournit protection et conseils à ses « enfants ». Les deux personnages doivent accepter et respecter le code de « jingi » (justice et devoir). Tout Kobun peut devenir à son tour un parrain quand il le désire, mais tout en gardant le même rapport avec son Oyabun et de ce fait agrandir l'organisation. Le plus proche conseiller du Oyabun est le Saikõ-komon, c'est un poste administratif qui s'occupe de l'état-major (avocats, comptables...). Le Saikõ-komon dirige ses propres sec-teurs : il commande ses propres subordonnés et conseillers, comptables ou avocats.
Juste après le Saikõ-Komon se trouve le Waka-gashira, c'est le numéro deux de la famille, il est sous les ordres directs de l'Oyabun. Son petit frère le Shatei-gashira est de même rang mais avec moins de pouvoirs. Il existe un relais entre le rang inférieur et le numéro deux du clan. Les rangs intermédiaires sont composés des Kyodai (=grand frère) et le bas de la hié-rarchie par les Shatei (=petit frère). Et en dehors de la mafia il y a le kumi-in qui est un homme engagé qui pourra intégrer le clan s'il se montre digne.
Les yakuzas viennent de milieux très variés, certains romans racontent que les yakuzas adoptent les fils chassés ou abandonnés par leurs parents. Mais, le plus souvent, ils sont recrutés par un clan dès le lycée surtout dans la communauté des burkumin et coréenne (70% des Yamaguchi-gumi sont des barakumin). Les Yakuzas ne recrutent pas par origine mais plutôt par compétence de la personne. Les Yakuzas sont des hommes très pointus, adroits, intelligents ; la seule femme dans l'organisation est la femme du Oyabun qui s'appelle le Kami-san ou bien Nee-san (=grande sœur). Lorsque le chef des Yamaguchi-gumi a été abattu dans les années 1990, c'est son épouse qui l'a remplacé pendant une courte période.

 Les différentes familles
Aujourd'hui on compte plus de 84 700 Yakuzas. Il y a deux sortes de Yakuzas : 41 500 travaillent à plein temps et 43 200 ont des activités annexes. Leurs nombres a beaucoup diminué depuis 1992 (lois antigang voté). Mais cela reste la plus grande organisation crimi-nelle du monde. Elle comporte quatre familles principales.

 Rite pour rentrer dans l'organisation
Pour rentrer dans la famille il faut faire ses preuves, puisque l'origine n'a aucune importance il faut prouver son attachement à la famille : la personne voulant rentrer dans l'organisation doit suivre un apprentissage de 6 mois, et s‘il s'est montré digne il est intronisé dans la famille.
Il participe alors à la cérémonie d'admission des nouvelles recrues, c'est un rituel commun à plusieurs mafias dans le monde. Pour les yakuzas, cette étape se nomme le Sakazuk. Le rituel se passe lors d'une date fixé par le calendrier lunaire, dans un sale traditionnel ou se trouve un autel shintoïste et une table remplis de cadeau, tous les participants son vêtus de kimono.
Puis l'Oyabun et le futur membre son agenouiller cote à cote en face de témoins (Azukari-nin) et un brevage est préparé : du saké mélangé à du sel et des arêtes de poisson. L'Oyabun a sa coupe toute remplis (afin de respecter son statut). Le saké symbolise ici les liens du sang. Après avoir bu une gorgé ils s'échangent les coupes pour reboir, le nouveau Kobun est maintenant membre du clan, il gardera sa coupe comme signe de fidélité (Oyako Sakazuki).
Par la suite, l'Oyabun fait un discours rappelant les principes des Yakuzas : fidélité et obéissance aveugle. Le rituel se clôt par la rupture du silence, où tous les participants crient en cœur « Omedetō gozaimasu ».

 Les premier pas dans l'organisation
Le nouveau membre doit trouver du travail, une partie de ses bénéfices sera reversée à son supérieur, en fonction de son rang, lequel reversera à son supérieur, et ainsi de suite. Si par la suite, il a des difficultés à payer, la solidarité dans la famille jouera, et un autre membre pourra payer pour lui. Néanmoins, si cette situation est récurrente, le membre est rétrogradé, et si au contraire il cotise beaucoup, il monte en grade. S'il gravit suffisamment les échelons, il sera autorisé à fonder son propre clan.


 Le code d'honneur


Ce code ancestral contient 9 règles :
- Tu n'offenseras pas les bons citoyens.
- Tu ne prendras pas la femme du voisin.
- Tu ne voleras pas l'organisation.
- Tu ne te drogueras pas.
- Tu devras obéissance et respect à ton supérieur.
- Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de la prison pour lui.
- Tu ne devras parler du groupe à quiconque.
- En prison tu ne diras rien.
- Il n'est pas permis de tuer un katagari (personne ne faisant pas partie de la pègre).

Ce silence est même respecter lorsque le membre se fait expulser de la mafia ou bien la quitte de son plein grès.

Les Yakuza sont appelés par la police et les médias: Yakuza Borikudan ce qui signifie groupe violent, alors qu'eux se font appelés: Vikiodo ce qui signifie « voie du brave homme ». Mais ce code d'honneur commence à ne plus se faire, à cause de la concurrence des mafias étrangères, les Yakuza se voient obligés d'être plus violent et payante. Une famille se voit garder ces codes: la famille Kobayashi Kaye, qui a ses propres lois :
- Stupéfiants interdit
- Trafic d'être humain interdit
- Vol à main armée interdit
- Viol interdit


 En cas de faute
Si le Yakuza enfreint le code d'honneur il doit se mutiler lui-même un doigt et l'offrir à l'Oyabun et lui rendre la coupe de saké. Si la faute se répète, il devra se mutiler une fois de plus et peu de yakuzas atteignent un âge avancé avec tous leurs doigts. Mais cette mutila-tion se fait de moins en moins pour garder la discrétion face aux autorités.
Si sa faute est très grave il recevra une lettre de démission appelée Hamonjyo. Elle l'empêchera d'intégrer un autre clan en l'informant de sa disgrâce. Si elle est écrite en noir, elle symbolise une exclusion temporaire, si elle est écrite en rouge, c'est une exclusion dé-finitive. Cette exclusion est très dur car les plus part des Yakuza ont du mal à se faire ac-cepter par la société. Mais il existe par exemple certaines associations qui recueillent ces Yakuza, ou bien des églises presbytériennes qui offrent aux Yakuza une possibilité de se faire pardonné.
Si la disgrâce est trop grande, le yakuza peut faire usage d'une autre forme de pénitence, plus radicale, le Seppuku ou hara-kiri, consiste à se suicider par éventration.

 Le rituel du tatouage
C'est le rituel le plus pratiqué au sein de l'organisation, c'est un procédé onéreux mais douloureux. Ce rituel peut prendre entre un et quatre ans pour être accompli dans son inté-gralité. Ces tatouages racontent des légendes du pays. Les Yakuza sont presque tous en recouverts, et chaque clan possède son tatouage particulier.
L'apparence chez les Yakuza est primordiale car ils doivent faire peur, mais c'est aussi un sacrifice d'en être un car ils n'ont pas le droit aux bancs publics, aux piscines, aux salles de sports... donc il y a une discrimination.

 

  •  Les activités lucratives des Yakuza 

Une grande partie des activités de l'organisation est reliée à leur origine féodale. Les Yaku-za ne sont pas comme les triades chinoises ou bien la mafia Italienne, ils ne sont pas discrets, leurs bureaux sont souvent bien visibles, de ce fait le Japon est l'un des seuls pays au monde où les organisations mafieuses s'affichent en plein jour. De plus certaines chefs de clans sont joignable pour régler certains conflits de voisinage ou de dettes, ils peuvent être considérer comme des chérifs clandestins. Ils assurent l'ordre public des délinquants mais ils sont responsables de tous les crimes du pays donc c'est seulement pour leurs propres intérêts qu'ils assurent l'ordre public.
Les membres de la mafia ont un code vestimentaire biens spécifique : lunettes de soleil et costume coloré, de ce fait ils sont reconnaissables par les civils, de plus leur démarche est plus ample et arrogante.

 

Quant le besoin se fait sentir, ils peuvent mettre en valeur leurs tatouages. Actuellement ils déambulent avec un signe sur leurs revers.

 Le racket des sociétés
Les principales sources de revenus des Yakuza sont les dîmes prélevées sur les commerçants et les entreprises situées sur leur territoire. L'organisation mafieuse menace ces commerçants de les piller et même parfois de détruire leurs commerces s'ils ne payent pas une sorte d'impôt féodal, en échange les Yakuza promettent protection et bienveillance (41% des commerçants affirment avoir été rackettés). Cette situation est toujours d'actualité car les gens victimes de ces agressions ont peur et n'osent pas aller se plaindre à la police. De plus la police ne peut pas les arrêtés car la plupart du temps les mafieux ne menacent pas directement le commerçant de mort ou même de blessures : il se contente seulement de lui présenter son badge ou carte de visite ou donne tout simplement le nom de son clan. Grâce à leurs notoriétés les mafieux font peur aux gens, donc ils acceptent. Dans ce cas la nous parlons d'une zone grise où le racket n'est pas illégale mais injuste. Ce racket est la même activité qu'exercent les mafias Italiennes : le Pizzo. 

Les revenues des Yakuza viennent aussi d'une forme d'extorsion de fond typiquement ja-ponaise.
Les revenus des Yakuza viennent aussi d'une forme d'extorsion de fonds typiquement japonaise.

En japonais cette forme d'extorsion s'appelle sokaiya. Cependant cette activité peut être considérée comme une protection au lieu d'une agression car dans ce cas la l'organisation offre ses services: elle se loue; pour cela elle achète des actions de ce fait elle aura une place au conseil des actionnaires de la société. Les Yakuza garantissent de ce fait le Wa (l'harmonie de l'assemblée) en faisant peur à l'actionnaire par leur simple présence. Nous avons comme exemple de ce type d'extorsion le cas de la banque de Fuji en 1989 (3ème banque du Japon) qui a versé plus de 200 yens (argent japonaise) aux Yakuza. Cet argent était destiné à financer des cimetières privés.
Les Yakuza pratiquent de même le chantage simple. Cela consiste tout banalement à faire du chantage à des dirigeants d'entreprise, et compagnies grâce à des informations compromettantes. Une fois dans l'entreprise le yakuza travaille pour la compagnie et en échange elle doit le payer avec des pots de vin; cet argent est quelquefois inclus dans le budget annuel.

En 1982 on comptait plus de 8000 sokaiya, cependant avec la loi interdisant ces agisse-ments aujourd'hui on compte plus 1500 sokaiya. Mais 80% des entreprises ayant un chiffre d'affaire supérieur à 1000 milliards de yens avouent avoir des contacts avec eux, et 40% d'entre elles versent encore des fonds alors que cela est considéré comme un délit.

Bien sûr, il existe un pacte entre la police et l'organisation, de ce fait les membres Yaku-za évitent certaines sanctions pour les délits mineurs (conduite en ébriété, cambriolage...). Donc les Yakusa sont considérés comme une organisation semi-légitime: par exemple après le tremblement de terre de Kobe les yakuza ont fourni des aides aux gens victimes de ce désastre et même mis un hélicoptère à disposition, et tout cela beaucoup plus vite que l'Etat. C'est pour cela que le racket est considéré pour les Yakuza comme un impôt féodal.

 Le puroresu et le sumo
Les Yakuza sont aussi présents dans le sport, ils sont même considérés comme les dé-fenseurs du puroresu et du MMA. Evidemment leur but reste toujours financier; les lieux où se déroulent les combats comme les arènes, les stades... leurs appartiennent le plus souvent. Ils décident aussi du sort du combat en donnant des ordres aux lutteurs. Le plus grand lutteur du Japon, Rikidozan, fut tué par un yakuza.
Les Yakuza sont également présents dans le sumo qui est le sport national au Japon. Ce sont eux qui organisent les paris et truquent les parties en payant les sportifs. Et cela a été révélé au grand jour.


 Les paris et les jeux
Ce secteur apporte beaucoup à l'organisation, et les yakuza y ont traditionnellement le plus d'influence. En effet, ils organisent beaucoup de paris clandestins comme par exemple lors des tournois de Sumo ou bien lors des courses de chevaux... De plus ils ont en leurs possessions certains casinos, loteries et contrôlent les salles de pachinko (flipper Japonais). Ce jeu (le Pachinko) apporte énormément à l'organisation car occupe la 3ème place dans l'économie des loisirs japonais. Le Japon compte 18 000 salles de Pachinko, généralement tenues par des Coréens qui entretiennent pour la plus part des relations avec les yakuza. Ces salles constituent un fonds financier et servent aussi à blanchir de l'argent.

 L'intimidation
Les Yakuza sont aussi impliqués dans la finance et les opérations immobilières par le biais des Jiageya car le droit immobilier japonais rend très difficiles les expulsions, les Jia-geya sont des bandes spécialisées dans l'intimidation : ils font partir des gens d'un im-meuble pour la réalisation d'un nouveau projet et de ce fait font payer encore plus cher le projet du nouveau prometteur.
 Trafic de drogue et prostitution
Le trafic de drogue est l'activité la plus lucrative de l'organisation (en particulier les amphétamines), les Yakuza seraient à l'origine de 60% du trafic de drogue. Ce trafic repré-sente 35% de leur revenu, alors que le racket représente 20% et la prostitution 13%. Cette activité est récente, son importance est due à la mondialisation. Après la loi antigang, les clans ont dû revoir leurs systèmes de fonctionnement pour pouvoir blanchir de l'argent à une plus grande échelle.
La prostitution est contrôlée généralement par les Yakuza. Ce métier toucherait 100 à 150 000 femmes par ans dans l'archipel. Par exemples dans certains quartiers de Tokyo nous pouvons compter une centaines de prostitués appelées : hôtesse. Ces femmes exercent ce métiers dans des établissements contrôlés par la mafia, elles se font choisir sur catalogue, une fois choisis le client doit quitter l'établissement pour protéger le propriétaire. La plupart du temps les femmes sont originaires de l'Asie du Sud-est et de l'ex URSS. Les filles japo-naises y sont rares, car elles le font par de propre initiative, cependant 8% des filles japo-naises se prostituent alors que la prostitution est interdite au Japon depuis plus de 50 ans.

 La clandestinité


Les yakuza gèrent de même les circuits d'immigration clandestine et l'offre de travail-leurs journaliers.
Les Yakuza ont un chiffre d'affaire estimé à 34 milliards d'euros en 2003. Mais la crise économique mondiale a durement frappé l'archipel et la capitalisation boursière de la place de Tokyo a chuté de moitié, touchant le cœur des nouveaux intérêts de la mafia. Les organi-sations prennent prétexte de la récession pour tailler dans leurs rangs, pour la première fois depuis longtemps de plus le nombre de yakuza mis sur le carreau est inouï.

 

  • Implantation géographique des Yakuza 

 

 L'ancrage historique au Japon


Chaque mafia possède son propre lieu d'apparition et de propagation, ces endroits cor-respondent le plus souvent à des villes et à leurs alentours. Ces capitales mafieuses sont contrôlées par les mafias qui y sont nées.
Pour le cas des Yakuza, leur présence est centrée historiquement sur l'île de Honshu (au Japon), à Tokyo, Kobé et Yokohama. A Tokyo la mafia y est très présente et de manière très visible, cependant la police n'intervient pas dans les maisons closes, les tripaux clan-destins ou bien lors de réunion mafieuse. Mais l'organisation a réussi à s'étendre en dehors du Japon, ils sont aux Etats-Unis. Ils sont présents principalement à Hawai, ils se sont très facilement intégrés car la plupart des touristes sont de provenance du Japon ou bien de pays asiatiques. En 1998 les Yakuza contrôlaient 90% du trafic d'amphétamines. De plus, ils dirigent les touristes vers des bordels et des salles de jeu, tout comme à New-York et à Las Vegas. En Californie les Yakuza s'allient avec les Vietnamiens, Coréens et les triades chi-noises. A Los Angeles, les Yakuza attirent les femmes rêvant de faire du cinéma dans des filières pornographiques, et alimentent le Japon en prostituées (en particulier les blondes très aimées par les Japonais).

Ils sont aussi présents aussi au Mexique, notamment dans les filières d'immigration clan-destine. Par exemple en 1990, les Yakuza recrutèrent des jeunes filles brillantes, diplômées, sachant parler l'anglais et leur promettaient un bon travail au Japon, une fois arrivées au Japon elles, entrèrent dans un réseau de prostitution. Le peu de filles qui ont réussi à s'échapper les ont dénoncés, et ils ont été condamnés non pas pour proxénétisme mais pour immigration illégale. Près de 3000 femmes se prostituent au Japon après avoir été recrutées par différents clans Yakuza.
Et ils sont aussi installés en Australie, de façon marginale. Les membres du clan y viennent pour blanchir de l'argent dans les casinos ou bien extorquer de l'argent aux entreprises ja-ponaises travaillant principalement dans le tourisme. Ils sont également impliqués dans le trafic de drogue sans être vraiment enracinés.

 

  • Les mafias de New-York

New-York est une concentration de mafias. Des organisations criminelles de tout le monde sont venues se refugier à New-York pour pratiquer leurs activités illégales, dans un but lucratif. De ce fait, il n'y a pas une mafia supérieure à une autre sur le territoire new-yorkais. Les principales mafias new-yorkaises sont :
- Les « the westies », irlandais basés à Manhattan. C'est le principal gang irlandais de New York. Ses principales activités sont la prostitution, le narcotrafic, le trafic d'armes, le cambriolage et le racket. Le chef actuel est Seamus Meehan. Ils sont connus pour leur vio-lence, et ils sont réputes pour être « incontrôlables »
- La Famille Ivankov, russes basés à Brooklyn. C'est la famille russe la plus puissante de New York. Elle est spécialisée dans la pornographie, la prostitution, le racket, la contre-bande et le narcotrafic. Elle est située à Little Odessa, cœur de la mafia russe. Le chef ac-tuel est Youri Ivankov.
- Les Sun Yee On, chinois basés à Chinatown. Manhattan est l'une des différentes implan-tations de la grande triade Sun Yee On, dont la base est la Chine. C'est l'une des premières puissances criminelles de la planète. Elle pratique toutes les activités illégales imaginables. Le chef actuel est Alex Wan.
- Le Clan Yamaguchi, japonais basés à Lexington Avenue, à Manhattan. C'est le clan yakuza le plus puissant et dangereux de New York. Il travaille dans le narcotrafic, la prosti-tution, le racket et le gambling. Ses membres sont connus pour être très solidaires entre eux. Le chef actuel est Yoshi Kodama
- La famille Velentzas, grecs basés a Queens. C'est la seule famille mafieuse grecque de la ville. Elle est implantée dans le gambling, le narcotrafic et la prostitution. Le chef actuel est John Karagiannis
- Les « The spangler Posse », jamaïcains de Queens. C'est le gang jamaïcain le plus puis-sant de New York. Il dirige un des trafics de crack et de cocaïnes les plus importants de la ville. Ils sont également engagés dans le vol et la prostitution. Les soldats de cette mafia sont nommés les yardies. Ils attaquent sans cesse le territoire de leurs concurrents pour ac-quérir de nouveaux business. Le chef actuel est Jerome Williams.
- Le clan Yidiz, turcs situés à Murray Hill (Manhattan). C'est le représentant de la mafia turque à New York. Il est basé dans le quartier de Murray Hill et développe des activités de narcotrafic, racket, trafic d'organes et d'êtres humains. Il est proche de l'organisation terro-riste turque des Loups Gris. Le chef actuel est Sedat Yildiz.
- Les Dominicans Don't Play, dominicains situés à Washington Heights (àManhattan). Les DDP est un gang de rue dominicain impliqué dans des affaires de narcotrafic, de vols et de prostitution. Le chef actuel est Hector Santiago.
- Les Latin Kings, gang mexicain, colombien et equatorien situé à Spanish Harlem (Man-hattan). Les Latin Kings constituent le plus puissant gang hispanique de New York. Ils gè-rent des affaires de narcotrafic, prostitution et racket. Le chef actuel est Javier Castillo
- Les New York Crips, mafia afro-américaine, basée à Black Har-lem (Manhattan). C'est le plus grand gang noir à New York. Le chef actuel est Deron Was-hington
- La Rudaj Organization, mafia albanaise localisée dans le Bronx. Elle représente la plus grande mafia albanaise de New York. Elle est compose d'albanais et développe des affaires de racket, prostitution, narcotrafic, jeux et vol. Le chef actuel est Alex Rudaj.


En conclusion, les premières mafias sont nées en Italie. Aujourd’hui encore, elles existent et exercent leurs activités, aussi illégales soient elles. Il existe cinq grandes mafias en Italie, qui peuvent compter jusqu’à 50 000 membres ! C’est à partir de ces organisations criminelles que se sont formées les autres mafias. En effet, la mafia s’est étendue dans toute l’Europe. On compte notamment en France la mafia Corse, directement liée à la mafia sici-lienne, mais également la mafia grecque, irlandaise, lituanienne et polonaise. Mais l’extension croissante du phénomène ne s’arrête pas la. Apres la chute du mur de Berlin, la mafia s’est étendue vers l’Est de l’Europe, créant ainsi la mafia serbe (la « mafia italienne de l’est », de par leur sens commun de la famille et des codes à respecter), la mafia serbe et la mafia russe. La puissance économique cette dernière se double d'une réelle influence politique. Des liens étroits uniraient les services secrets, la mafia, et plusieurs dizaines de députés compromis dans des affaires d'évasion fiscale et de corruption. L’extension de la mafia italienne ne se limite cependant pas aux bornes de l’Europe. En effet, deux grandes mafias naissent en Asie : les triades chinoises et les yakuza japonais.

Ces deux mafias sont très importantes et dangereuses de par l’immense nombre d’adhérents qu’elles comptent. Elles obéissent à un certain nombre de règles de respect et de silence, tout comme l’omerta italienne. Aux Etats-Unis, un mélange de nombreuses mafias origi-naires de tout le globe est présent. C’est le cas de New-York, ou un mélange de mafias d’Europe, d’Asie, et de clans d’Amérique du Sud dominent la criminalité nationale.

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×